Transhumer, c’est « aller au-delà », « de l’autre côté » de la ligne d’horizon. La transhumance, ce sont des récits, des cultures et des langues qui se rencontrent ; des lignes sinueuses et irrégulières qui s’entrecroisent, comme les drailles, ces traces laissées par le passage répété des animaux et des humains. Des lignes qui s’affranchissent des frontières, traversent les territoires et mènent vers d’autres terres. Sur ces drailles, il y a aussi une langue. Une langue sans mots, faite de sons, de cris, de souffles et de sifflements, que l’on adresse aux animaux. Puis il y a les herbassier·ères, celles et ceux qui les empruntent.
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