A travers la fabrication de la farine de manioc par son grand-père, comme fil conducteur de son récit, la réalisatrice centre son film sur ce geste ancien, qui ne l’intéresse pas uniquement pour sa valeur traditionnelle, mais aussi pour ce qu’il symbolise : le manioc est une racine, et son processus de transformation — long, répétitif, parfois rude — semble profondément lié à ce que représente l’exil. Il faut déraciner, laver, râper, presser, sécher, cuire… Un enchaînement d’actions concrètes et physiques, qui rappelle la façon dont on transforme ce qu’on quitte en quelque chose de tenable, de transmissible.
Elle interroge ainsi ses souvenirs, ses pensées, et sa place dans un lieu qu’elle a quitté sans jamais vraiment en partir.
Réalisé dans le cadre de l’Epreuve intégrée 2025 (Film de fin d’étude) de la section Vidéographie de l’Ecole Agnès Varda à Bruxelles.